Écran noir. La lumière verte a cessé de briller. Le pad posé délicatement sur le bureau, les doigts peuvent craquer enfin. La galette encore un peu chaude est remise dans son bel emballage. Que faire ? Ranger précieusement la boîte entre un Total Overdose fluorescent et un Far Cry Instinct Predator sentant encore bon l’arnaque ? Non. La jeter par la fenêtre pour qu’un passant malchanceux nous le renvoie en pleine face ? Non plus, c’est mauvais pour le teint. Humm bon.
Saison de la chasse à l’allemand

Il y a fort longtemps, les gens vivaient dans les bras de Mère Nature au grès des saisons et de leur cycle. Etrangement, dans nos temps plus modernes le fan de jeu vidéo n’est pas si loin de cette époque. Sa soif d’action et de chasse est toujours aussi présente et l’implantation d’une redondance cyclique fait toujours office de support temporel. Oh bien évidemment le tigre à longues dents ou l’hylobates concolor ont été remplacés par la tortue volante, l’allemand et le zombie néanmoins l’important reste dans ce cycle fermé déterminant la vie du joueur. Ce cycle commence par la sortie d’un jeu sur la seconde guerre mondiale (au choix Call of Duty ou Medal of Honor) et fini par un jeu de football (PES, FIFA) américain (Madden, NFL) . Au centre, ça se partage entre des suites, des suites, encore des suites, des adaptations pourries de films à gros budgets, une ou deux tentatives d’innovation, l’apparition de deux à trois nouvelles licences à exploiter pour quelques années encore et un accessoire farfelu au coût très très fort mais ce qui nous importe dans ce texte, c’est le début du cycle avec les FPS de la grande Partie de Campagne entre axes et alliés et sans Renoir.
S’il y a quelques années, Medal of Honor avait commencé sa descente infernale dans le milieu mal famé des jeux mauvais, son petit frère spirituel (Call of Duty si vous ne suivez pas) commence lui aussi à montrer un (gros) souffle de faiblesse avec le troisième épisode de la lignée auquel le « 3 » à la fin du nom est plus un « 2.1 » masqué qu’autre chose.
Le moustachu encore battu !
L’histoire nous plonge une énième fois dans les lignes alliées de 1943 à 1945, incarnant à tour de rôle un soldat de l’infanterie américaine (évidemment), un des forces aéroportées écossaises, un de l’infanterie canadienne et un des forces blindées polonaises. Ca à l’air cool comme ça, d’ailleurs les joueurs du précédent opus se ravissent déjà d’oublier la mère patrie russe mais ils regretteront bien vite en voyant que tout le jeu se passe en France. Qui dit France, dit champs, dit petites villages et redit encore champs et n’espérez rien d’autres c’est marquer « En marche vers Paris » sur la boîte ! A dieu l’Afrique du Nord et son désert ! A dieu les rues enneigées de Russie ! Adieu les décors variés ! Bonjour le paysage linéaire !
Linéaire, linéaire ! Ca sonne bien ça pour le jeu, peut-être une devise de soldat, une façon d’être sûrement. En tout cas la linéarité c’est pas ce qu’il manque dans CoD3. A l’instar des paysage, le level design est aussi prévisible qu’un pendule, un grand couloir à traverser en une dizaine d’heure. On avance, on tire, une maison explose, on avance, on tire, un clocher explose, on avance, Quick Time Event, on tire, on avance, on tire, on pose un bombe, on tire, on avance, on conduit un véhicule, on avance, on tire et ainsi de suite jusqu’à souiller les pavés parisiens de nos bottes pleines de terre (et de sang pour les plus ignobles).
Comme son prédécesseur CoD3 est un couloir et comme son prédécesseur CoD3 bénéficie d’une IA scriptée jusqu’à la moelle. Ce choix des développeurs est toujours mené dans le but d’immerger le plus possible le joueur dans l’action des films de guerre du dimanche soir sur TF1. Sauf que dans un film, on ne recommence pas 4, 5, 6 fois le même passage pour arriver au bout de l’aventure parce que cette foutue balle perdue nous tue toujours au même endroit. Evidemment des stratégies se mettent en place pour contrer exactement les mêmes vagues d’ennemis et le passage est mis en boîte. Pas de surprise, juste une avancer.
De plus, si ces scriptes plein de crashs d’avion, d’explosions de maison et autres feux d’artifices servant de poudre aux yeux impressionnaient dans Call of Duty premier du nom en 2003, aujourd’hui les joueurs sont rôdés et lassés.
La der des der… et on l’espère encore !
Gâchette droite pour tirer, gâchette gauche pour les jumelles, les bumpers pour les types de grenades, A pour sauter, B pour s’accroupir et s’allonger ,X pour le bouton d’action contextuelle, Y pour changer d’armes, click droit pour donner un coup de crosse (très astucieux pour ne jamais lâcher les sticks) et les sticks pour se déplacer. Ca vous rappelle quelque chose ? Oui ? Call of Duty 2 ? Bien joué !
Une des rares innovations du jeu dans la série (et pas dans les jeux vidéo. Faut pas déconner non plus!) est l’implantation de Quick-Time Event comme dans Shenmue et plus récemment dans Fahrenheit. Pour les novices, les QTE sont des phases où le joueur ne contrôle plus son personnage mais doit appuyer sur les boutons indiqués à l’écran pour que le protagoniste agisse correctement. Les QTE permettent de créer une variable de plus dans le Grand Enchaînement d’Action qu’est CoD3 et peuvent même surprendre le joueur par moment dommage qu’il n’y aucune difficulté à résoudre ces phases et qu’on s’en lasse vite.
Encore une fois, pour contrer l’ennuie du joueur face au Grand Enchaînement d’Action (GEA, ça fait cool nan ?), les développeurs de chez Treyash ont pensé à réintégrer les phases en véhicules mais avec un plus vaste panel de véhicule à disposition. C’est ainsi qu’on dirige un tank polonais, une jeep fortement armée piquée par les écossais chez les allemands et une moto munie d’un side-car très tendance dans les années 40 qui ravira un bon nombre de gosses. Rassurez-vous, la conduite est très mauvaise et il est nécessaire de passer à la vue en troisième personne pour comprendre ce que l’on fait et où on va. Histoire de râler encore un peu, le bouton B utilisé pour la marche arrière n’est pas très pratique.
Axes VS Alliées
Le mode multijoueur a subis quelques refontes. Premier élément majeur, les parties ne sont plus limités à 8
campeurs joueurs mais 24 joyeux drilles se zigouillant à tour de bras. Pour les rares personnes soucieux de jouer en LAN, il vous est donc possible de jouer jusqu’à 4 par écrans pour plus d’économies dans l’achat de TV et de console mais évidemment pas chez l’opticien puisque c’est plutôt injouable. En plus, du quart d’écran qu’il peut vous être réservé si vous jouez à au moins 2 par écran, le jeu est aussi fluide qu’un Dvix mal encodé. On essayera de se consoler en pensant que c’est le seul jeu Xbox360 qui permet de jouer à 4 par écrans.

Pour surfer un peu sur la vague Battlefield et Enemy Territory, Call of Duty intègre plusieurs classes de personnages en multi. Rien de neuf sous le soleil, on retrouve l’habituel fusilier armé logiquement d’un fusil, le médecin munis d’un shotgun et qui peut soigner au passage les soldats tombés au sol, l’anti-char et son lance-roquette, l’infanterie légère et sa mitraillette, l’éclaireur et son fusil de sniper, l’infanterie lourde et son fusil d’assaut et le soutien et sa grosse mitraillette. Evidemment ces classes sont disponibles dans les 2 camps alliés et axes. Chacune des classes possède un type de grenade et une compétence unique utilisable grâce au bumper droit. Après avec l’absence d’un mode à objectif tel ceux d’Enemy Territory par exemple, on peut se demander si les classes ont vraiment lieux d’être.
Concernant les véhicules, ils font leur apparition dans le mode mutli, ainsi il est possible de conduire des motos et leurs side-car, des tanks et deux modèles de jeeps. Bien évidemment, ils sont à libre disposition.
Au niveau des modes jeu, le capture de drapeau, le mode territoire et le deathmatch chacun pour soi (et Dieu pour tous) ou en équipe sont toujours de rigueur mais malheureusement rien de plus.
Bref, le mutlijoueur est identique à celui de Call of Duty 2 avec quelques idées piqués ici et là chez les voisins, rien de bien intéressant donc.
Beau comme un camion…
Pour terminer le tour d’horizon de ce jeu, parlons un peu graphisme. On peut s’extasier devant l’explosion du clocher sous les bombes des avions ou autres jets de flammes éventrant les maisons mais ça ne reste pas fameux tout de même. En novembre 2006, pour appâter le joueur soucieux du graphisme il fallait faire plus que le monstre de chez Epic : Gears of War. Ici, au milieu des quelques bugs graphiques par ci, par là, et textures de CoD2, on pourra se dire qu’au moins les mains sur l’arme étaient bien refaites.
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