
Ce dernier né est dans une certaine mesure un héritier de son prédécesseur, de par son style graphique tout d'abord, son univers mais aussi son histoire complètement démente. On nous propose ici d'incarner le dénommé Travis Touchdown, jeune otaku raté qui passe le clair de son temps à regarder des matchs de catch et à collectionner toutes sortes de goodies dans sa chambre de motel miteuse. Le pitch est rapidement résumé dès le début du jeu : Travis est fauché, il n'a même plus de quoi payer son vidéo-club. C'est alors qu'occupé à se soûler la tête au comptoir d'un bar, il rencontre Sylvia, jeune blondinette plutôt bien roulée qui en échange d'un petit service, lui fait miroiter de quoi résoudre ses problèmes financiers ainsi qu'une nuit torride en sa compagnie. Ce service? Simplement éliminer un des tueurs les plus dangereux de la ville. Travis s'en sort avec brio mais le voilà devenu à son insu le 11e meilleur assassin de Santa Destroy. Armé d'un sabre laser très classe, des derniers fringues à la mode et d'une bonne dose de gomina, le héros décide alors d'éliminer les dix tueurs qui le précèdent pour devenir le meilleur assassin de la ville.
D'emblée, on nous invite donc à entrer dans cet univers survolté. Pas de séances de dialogues infinies, on pose le tableau et vous voilà déjà face à votre premier combat. Un petit tutorial bref et efficace vous apprend les diverses et multiples ficelles de l'art du sabre avant de vous lâcher dans l'arène. On prend alors immédiatement du plaisir. Le système de combat est simplement jouissif. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, on n'exécute pas les enchaînements en agitant la wiimote, ceux-ci se font simplement grâce au bouton A. Bien sûr, le gameplay ne s'arrête pas là et propose tout un tas de subtilités qui mettent à profit les attributs de la manette. Sachez qu'il est d'abord possible de combattre en gardes haute ou basse selon l'inclinaison de la manette, ce qui permet de déjouer la défense des ennemis, de les assommer et ainsi de pouvoir leur infliger une bonne prise de catch bien sentie ! Ces prises s'exécutent là encore via quelques mouvements de wiimote et de nunchuk pour un résultat des plus jubilatoires. Jamais on n'avait si bien ressenti l'émotion que peut susciter une German Souplex dans un jeu vidéo. Ajoutez à cela, la possibilité de faire des esquives éclair, de déclencher quelques pouvoirs spéciaux, des boss électrisants et vous avez devant vous un des beat 'em all les mieux dosés de ces dernières années. Même si l'on pourra regretter un cruel manque d'interaction avec le décor, le plaisir n'en pâtit pas vraiment.
Vous l'aurez compris, No More Heroes réussit déjà le pari de proposer un jeu d'action qui ne souffre pas du syndrome habituellement répandu de répétitivité. Il propose en plus une ambiance graphique unique, avec une série de personnages tous plus barrés les uns que les autres. Techniquement, ça pique un peu les yeux de temps en temps (surtout en ville) mais force est de constater que l'esthétique générale est très travaillée et compense les carences techniques. On adhère sans problème à l'univers et souvent, on ne peut s'empêcher de rire bêtement devant l'absurdité de certaines situations. No More Heroes est un condensé de références et pioche un peu dans tous les arts populaires (cinéma, manga et bien sûr jeu vidéo) tout en proposant sa propre patte. On notera aussi pour couronner le tout, le thème principal assez endiablé et particulièrement efficace mais qui ne nous fait toutefois pas oublier un détail assez regrettable : pas de sang ! Je ne suis pas un fervent partisan du réalisme à tout prix et de la violence dans le jeu vidéo mais dans le cas présent, il est tout simplement indéniable que le sang faisait partie intégrante de l'univers et du trip général de No More Heroes. Mais voilà, pour protéger les bonnes moeurs de nos chères têtes blondes, les gerbes d'hémoglobine sont remplacées par des explosions de cendre qui, sans remettre en cause l'excellente esthétique du jeu, affadissent légèrement l'action.
Au niveau de la structure du jeu elle-même, le tableau est peut-être moins reluisant. En fait, la progression est assez linéaire. On réunit l'argent nécessaire pour s'inscrire au prochain combat classé et entre temps on exécute quelques jobs et missions de seconde zone en naviguant dans la ville à la manière d'un GTA, ce qui se fait à bord de la moto très classe de Travis. Les possibilités restent toutefois infiniment plus limitées que dans ce dernier. Heureusement, les mini-jeux restent amusants et le plaisir des combats justifie à lui seul la motivation pour avancer. On aurait juste souhaité un peu plus de surprise dans le déroulement du jeu. A côté de cela, on a à notre disposition quelques boutiques où l'on peut acheter un bon panel de fringues et de T-shirt branchés, se payer une petite séance de muscu pour augmenter ses capacités ou acheter des cassettes de catch pour apprendre de nouvelles prises. On reconnaît donc ici la petite patte de progression à la Capcom dont semble assez imprégné le studio qui, pour Killer 7 et ce dernier jeu, bossait pour le compte de l'éditeur. En fait, le gros du pognon part bien souvent dans les nouveaux sabres que vous propose le docteur Naomi. Notez le réel intérêt de ces différents sabres qui changent véritablement le style de jeu de l'un à l'autre.
Au final, No More Heroes s'avère à la hauteur des espérances. Suda 51 nous propose un jeu rythmé, stylé, jouissif, expérimental et frais. Le système de combat tire parti de la wiimote avec brio sans toutefois sacrifier la précision du gameplay. Résultat, on est presque frustrés à la fin d'une phase de combat, tant on voudrait avoir quelques autres ennemis à se mettre sous la dent. Avec son ambiance et son univers hors norme, le jeu de Grasshopper a donc tout pour plaire pour peu que sa petite durée de vie (quinze heures) et sa structure de jeu assez routinière ne vous rebute pas. Dans tous les cas, on ne peut que saluer le travail des développeurs et de Goichi qui cherchent la différence et l'expérience nouvelle là où les autres jouent plutôt la carte de la sécurité. A bien y réfléchir, Suda Goichi pourrait bien être le Tarantino du jeu vidéo.| Avantages - L'univers et l'ambiance graphique complètement hors norme. - Le système de combat jouissif et très équilibré. - Bourré de références, c'est Le Jeu de l'otaku. - En mode "salé" (normal), le challenge est présent. Inconvénients - Progression générale peut-être trop linéaire. - Techniquement inégal et parfois brouillon. - Quinze heures de jeu, ça devient un standard mais ça reste trop court à mon goût ! - Sans sang ? |
Graphismes | No More Heroes souffre de quelques carences techniques qui sont toutefois largement compensées par l'excellence et la fraîcheur de l'esthétique générale. |
| Jouabilité | Nerveux, rythmé, innovant et simplement jouissif, un des meilleurs beat 'em all de ces dernières années. | |
| Durée de vie | Comptez 15 heures de jeu pour arriver à la fin (qui réserve ses surprises). C'est honorable par rapport à la concurrence mais toujours trop court à mon goût. On reviendra toutefois aisément sur ce jeu pour recommencer une partie avec tous ses items. | |
| Bande Son | Thème principal efficace, pourfendage cosmique à tout va et doublage juste correct hissent ce jeu dans le haut du pavé. | |
| Scénario | Le scénario a sûrement été écrit au dos d'une boîte de pizza lors d'une soirée un peu trop arrosée. De la folie pure ! |
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Commentaires
Gregdark [5248 Pts] le 26/03/2008 à 21H38
Vinz [9407 Pts] le 27/03/2008 à 21H49
ennissay [3104 Pts] le 06/04/2008 à 22H16
Gregdark [5248 Pts] le 10/04/2008 à 21H22
ennissay [3104 Pts] le 12/04/2008 à 17H29
Gregdark [5248 Pts] le 13/04/2008 à 22H42
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