D’entrée de jeu, la partie commence par une cinématique de belle facture. Adoptant un style dessin animé aux contours assez matures, celle-ci met en scène le personnage clé de cette aventure en séance d’entraînement avec son père. Ce dernier en profite pour lui donner une sacrée leçon. Il faut dire que le commandant Greil est un meneur d’hommes, des mercenaires précisément, et il souhaite ardemment que son fils Ike, fringant épéiste à la tignasse aussi bleue que ses yeux, prenne un jour les commandes de son groupe de combattants. Mais les choses vont vite se précipiter car la situation est instable sur le continent de Tellius. Sur cette terre vivent deux races, les Beorc et les Laguz. Si les premiers sont de simples humains créés à l’image de la déesse, les autres constituent une espèce semi-animale. Ces derniers sont donc considérés comme des créatures sous-humaines, venant juste avant les bêtes dans la hiérarchie sociale. La lutte pour le pouvoir qui les a opposé a créé un climat de défiance réciproque. Ainsi vivent les sept nations qui composent Tellius, dans une harmonie et une paix toute relatives.
Mais un vent de malheur, de guerre et de révolte va souffler, car l’armée de Daein envahit le territoire de Crimea, prenant la capitale du pays en tuant ses souverains. Vous allez alors vous retrouver au milieu d’un conflit sanglant qui va vous opposer aux troupes de Daein et ses Quatre Cavaliers de la mort, tout en cherchant à restaurer le pouvoir de la princesse Elincia que vous avez sauvé. Votre parcours sur le continent s’annonce donc semé d’embûche, il faudra faire preuve de ruse pour en voir la fin. En somme rien de mieux que de pouvoir sauvegarder à votre envie pendant le jeu, car en effet, vous pourrez suspendre une partie aussi bien en dehors que dans un combat. J’exclue bien évidemment les séquences d’attaque directe entre deux personnages, celles-ci ne vous permettant que d’être témoin des jolis effets de lumières et de l’intensité des coups portés. Mais attention cependant, je vois déjà les plus malins d’entre vous se frotter les mains. Il n’est pas question de tricher puisque ce dernier type de sauvegarde (sur le terrain de combat donc) disparaît une fois que vous avez repris le cours du jeu. Aucun moyen n’existe donc pour revenir à ce point si par la suite vous perdez un allié lors d’un affrontement… Le monde est si cruel…
Coupés en chapitres les combats représentent donc le nerf du jeu, et c’est bien normal puisqu’en tant que mercenaire vous ne vivez que pour ça… Bref, la première chose que vous demanderont vos alliés, c’est de prouver vos capacités de stratège. Rien de mieux qu’un bon tutoriel pour ça. Que vous ayez choisi le mode facile, normal ou difficile, voici un moment privilégié de calme et de concentration. Pendant environ quatre missions vous ne risquerez pas grand chose, ce qui vous permettra d’apprendre au mieux les bases du combat, sans compter qu’il existe aussi un guide qui vous donnera des informations à mesure que vous progresserez. Chaque chapitre se décompose selon un schéma précis. D’abord les évènements de l’histoire. Pendant ces phases de dialogues, vous pourrez surtout admirer les artworks d’arrière-plan finement réalisés, ainsi que le chara-design réussi des personnages.
Après viennent les préparatifs avant le combat. A partir du chapitre 8 vous aurez accès à la base. Celle-ci correspond à un menu un peu plus complet que celui de préparation au combat. Il vous permet notamment d’acheter de nouveaux objets chez des marchands et d’équiper au mieux vos unités. Il sera aussi question de faire un peu de gestion, avec attribution d’expérience et de techniques. Le deuxième menu évoqué apparaît sur l’écran de carte avant un combat et vous permet surtout de gérer les détails de placements des personnages et les options. Le terrain se découpe comme un échiquier avec des cases, et le succès tiendra dans votre capacité d’analyse des situations en prenant en compte le déplacement des personnages, leur puissance, leur résistance, et surtout sur le principe « pierre, feuille, ciseaux » qui régit les armes. En effet, il vous faudra toujours garder en tête que la hache bat la lance, la lance bat l’épée et l’épée bat la hache. A vous de vous forger une équipe équilibrée qui se mettra en marche au rythme du tour par tour. Et pour ceux qui souhaiteraient faire un petit somme pendant le tour de l’ennemi, la musique aura tôt fait de vous dire quand reprendre votre manette !
Au cours de votre aventure vous croiserez beaucoup de personnages que vous pourrez rallier à votre cause. Mais les garder à vos côtés ne sera pas nécessairement facile car ce jeu a pour particularité de vous faire sentir que la mort et ben c’est pour de bon, chose assez rare dans le domaine des jeux vidéo si on réfléchit bien ! En effet, une partie se termine si Ike meurt, et si un de vos alliés est tué au cours d’un combat vous ne le reverrez plus par la suite. Votre périple compte donc une certaine dose de frustration, exception faite pour Soren le magicien qui s’occupera seulement de vos bilans de fin de partie s’il venait à être blessé mortellement sur le terrain. Dans l’ensemble, les types de combattants sont assez variés. Arborant au combat un cercle de couleur définissant leur qualité d’allié, d’ennemi ou de personnage neutre, vous pourrez rencontrer pas moins de vingt-cinq unités Beorc différentes et cinq unités Laguz. Chacune possède des armes de prédilection ayant une portée qui varie en nombre de cases. Seul les guérisseurs ont des bâtons qui les empêchent d’attaquer mais procurent des sorts de soin pour vos amis en difficulté. Personnages les plus faibles qui soient, vous aurez plusieurs moyens pour les protéger, comme profiter de l’abri d’un buisson sur le terrain mais aussi utiliser la commande « sauver ». Celle-ci vous permet de porter un individu pour le maintenir en sécurité.
Il existe également d’autres commandes spéciales qui vous seront des plus utile au cours de l’aventure et n’apparaîtront que selon certaines circonstances. D’abord vous pourrez parler à certains personnages sur le terrain, de même que vous pourrez visiter certaines habitations pour parfois obtenir des objets intéressants. Sinon vous pourrez également ouvrir des portes scellés et des coffres à l’aide d’une clé ou d’un voleur, au choix. Ce dernier pourra à ce propos user de ses talents cachés pour prendre des parties d’équipement d’ennemis. Une chose est sûre, vos unités représentées en 3D sur le terrain sont très reconnaissables même si l’ensemble est loin de nous mettre une claque graphique. Reste les affrontements à proprement parler, que vous pourrez écourter de façon à ne plus voir la séquence de combat car il est vrai que les parties peuvent être longue. Toutefois, l’attrait de l’aspect stratégique prend le pas sur un éventuel ennui, et je doute que vous sentiez le temps passer, si ce n’est pour pester contre la mort d’un de vos compagnons… | Avantages - le système simple et complet - le style des cinématiques - l’équilibre entre les armes - la diversité de vos alliés - aucune partie ne se ressemble - une progression structurée - le design des personnages - la beauté des artworks Inconvénients - parfois un peu répétitif - intérêt de la 3D limité - la mort frustrante - beaucoup de dialogues |
Graphismes | Les décors inexistants ou presque pendant les attaques directes ainsi que le terrain peu mis en valeur ne ternissent pas la beauté des artworks et des cinématiques, sans compter que le design des personnages est très réussi. |
| Jouabilité | Le système a fait ses preuves et cela se sent. On pourra peut-être juste regretter la légère répétitivité des actions, mais rien de grave tant le titre est accrocheur. | |
| Durée de vie | C'est tout ce qu'il y a de plus honnête pour un jeu de stratégie de ce type, d'autant plus qu'aucune partie n'est identique à une autre. | |
| Bande Son | Une ambiance sonore épique, qui à le mérite de bien rythmer les différentes phases de jeu. | |
| Scénario | Un royaume en détresse, une princesse qui l'est aussi et un jeune aventurier prêt à tout pour avoir la paix (et quelques réponses à ses questions si l'occasion se présente). Autrement dit on en a vu d'autres, mais ça marche toujours aussi bien ! |
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Commentaires
philyra [2589 Pts] le 04/03/2008 à 10H21
Zefi [3687 Pts] le 05/03/2008 à 20H58
philyra [2589 Pts] le 06/03/2008 à 22H43
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